W. von Kaulbach

Das Narrenhaus 1834

Au XIXe siècle les psychiatres ont fait  des tentatives pour capter des typologies de maladies mentales  par des dessins. Dans La Maison des Bouffons (Das Narrenhaus)  Kaulbach traduit non seulement une expression artistique mais aussi une représentation correcte et scientifique des différentes maladies mentales.

Jusqu’à un certain point, la représentation du malade mental reflète sa  position dans la société . Dans les œuvres médiévales, surtout la possession diabolique transparaît. Cette idée-là n’a pas encore complètement disparu à l’époque baroque. Chez les romantiques, les fous sont représentés comme des personnalités solitaires et des créateurs. créatives.  

Au XIXe siècle, on réalise en outre des représentations scientifiques d’aliénés. Les fous sont devenus des patients et  certains psychiatres  tentent de remettre de l’ordre dans la jungle de la maladie en créant des typologies, soit par le dessin, soit, plus tard, à travers la photo.

Avec Das Narrenhaus (« La maison des fous »), une série d’eaux-fortes réalisées en 1834, Wilhelm von Kaulbach (1805-1874) assure en quelque sorte le lien entre  ces deux univers. Si sa démarche est artistique, son œuvre était également appréciée dans le monde psychiatrique pour l’exactitude scientifique avec laquelle il représente les différentes maladies de l’esprit. Das Narrenhaus réfère à  la tradition physiognomonique de l’époque dans la mesure où von Kaulbach interprète les traits du visage comme des caractéristiques de la folie. Le maniaque religieux, le mélancolique, l’obsédé sexuel et le roi imaginaire, tous y ont reçu une place.  Et, selon certains, von Kaulbach, que l’on soupçonne d’avoir été lui-même un malade mental, s’est  glissé parmi les cas représentés.